Qu’aux heures immobiles l’œil accueille ce qui arrive

Entretien avec Pierre Carniaux paru dans la revue Fabula-LhT 15,

« Vertus passives : une anthropologie à contretemps », octobre 2015.

Propos recueillis par Nicolas Geneix.

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Puisse-t-il alors co-naître.

Se laisser le temps de mieux voir, se déprendre d’une intention initiale, attendre de trouver l’angle (de l’image) juste : il est des vertus passives qui permettent les films. Arts de les voir, les imaginer, les réaliser. Sur scène ou sur l’écran, déjà, l’interprète Pierre Carniaux avait senti le nécessaire abandon de soi le temps du jeu. Derrière l’appareil photo ou la caméra, on peut se le représenter aspirant au « réveil devant le fait », soit le satori propre au haïku, ainsi que le définit Barthes dans L’Empire des signes, livre de chevet sinon de voyage pour le cinéaste.

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Déployer le cinéma : un dialogue entre sensualité et poésie

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Article paru dans la revue Archée, juin 2014, par François D. Prud’homme.

L’application Dépli est une pièce cinématographique interactive développée pour les tablettes par l’artiste plasticien et curateur Thierry Fournier et permet, outre l’échange relationnel et le questionnement sur les possibilités d’interaction par le numérique, de manipuler sensuellement le montage du film de Pierre Carniaux selon sa propre imagination. Concept inédit qui autorise le spectateur de s’approprier et de transformer les images et le sens d’un film sinon du cinéma, jusque-là considéré comme une entité intouchable. On peut alors projeter nos agencements personnalisés des images et du son, autant sur un écran de télévision que sur une toile de cinéma, grâce à la fonction Airplay du iPad. Présentée à l’automne dernier dans le cadre du FNC, l’application propose de faire sa propre expérience du film Last Room en jouant avec les rushs (140 plans pour environ 1h45 de films) du réalisateur Pierre Carniaux. « Notre proposition questionne le rôle du spectateur. Les gens se lèvent, échangent, regardent ce que font les autres », expliquait Thierry Fournier au journaliste de Libération en mars 2013.

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Last Room, un « cinéma de poésie »

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Entrevue parue dans la revue Archée, juin 2014.

Propos recueillis par Christine Palmiéri.

Dans votre long métrage, Last Room, ce qui est intéressant et surprenant en même temps c’est d’avoir réussi à pénétrer dans la vie personnelle et intime des acteurs choisis et de les amener à parler d’un événement historique par lequel ils ont été affectés de près ou de loin. Leur avez-vous donné des directives à ce sujet, ou bien leurs confidences les ont conduit immanquablement vers cette tragédie qui les a marqués ?

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